Pascaline, expatriée à Dallas

La série l'affirme : Dallas, ton univers impitoyable! Installée depuis deux ans au Texas, l'élancée Pascaline tord le coup à cette sulfureuse réputation. Et se confie sur sa nouvelle vie, rythmée par des fêtes et traditions à l'instar de Thanksgiving...

Qui es-tu Pascaline ?

Je m’appelle Pascaline, j’ai 28 ans et je viens de Lille. J’ai un parcours en communication, je suis partie dans le cadre de mes études dans des pays anglophones, Angleterre et Irlande, et c’est à Dublin que j’ai rencontré mon mari, un américain. Ma vie a pris un tournant à ce moment-là. Pendant un an et demi, on s’est organisé pour faire des allers-retours entre la France et les États-Unis. Sans visa, on ne pouvait pas rester plus de 90 jours dans nos pays respectifs… Lors de l’un de nos séjours, il m’a demandé en mariage. S’ensuit une installation à Paris pendant deux ans. Sa démarche était de me connaitre à travers mon pays, ma culture, ma famille et mes amis. Il voulait vivre avec moi dans mon pays. Puis nous avons décidé de partir vivre aux USA, à Dallas, où réside sa famille. Cela fait maintenant deux ans que nous y sommes installés.

 

Comment se passe la vie à Dallas ? 

Dallas est une ville un peu difficile à apprivoiser au début. Avec ses voisines Fort Worth et Arlington, elles forment une très grande mégalopole de 7 millions d’habitants. En tant qu’expatriée européenne, on cherche au départ ses repères en termes d’habitudes, de nourriture, d’organisation de la ville. Dallas est orientée business et quand je rencontre des expatriés, ce sont des personnes qui viennent systématiquement pour le travail. Chercheurs, ingénieurs, financiers se croisent. Les rencontres sont extrêmement enrichissantes. Si au départ j’étais dans l’observation, plus ça va et plus je m’attache à cette large cité organisée en petits quartiers. À travers ma belle-famille j’ai pu comprendre les nuances de la culture, pour, je pense, mieux m’intégrer dans ce pays et dans cette ville. Nous créons aussi notre cercle d’amis et c’est un facteur très important pour se sentir bien dans une nouvelle ville. Je peux dire que je suis très épanouie ici.

 

« Au Texas, les gens sont très tournés vers leur famille et profitent de la moindre occasion pour fêter ou instaurer une tradition»

 

Quel est ton job sur place ?

Je travaille pour l’Alliance Française de Dallas, une association à but non lucratif. Sa vocation est de représenter et promouvoir la francophonie, afin de faciliter les échanges entre les Américains attirés par la culture française et les expatriés. En ce moment, nous préparons d’ailleurs un marché de Noël, au sein de Dallas International School qui aura lieu le 7 décembre. L’Alliance est aussi une école où l’on propose des cours de français.

 

L’image du Texas est celle d’une région très conservatrice. Ton ressenti sur ce point?

C’est sûr que je suis partie avec des a priori et des clichés. Une fois sur place, je me suis rapidement rendue compte que les gens sont très ouverts, à tous les niveaux. Il  y a une vraie légèreté d’esprit très agréable à vivre au quotidien. Les Texans ont même une expression pour se définir, laid-back, ça veut dire « décontracté ». Un côté conservateur que j’ai pu remarquer, se situe dans les mariages. J’ai eu l’occasion de prendre part à un certain nombre et on ressent encore le caractère traditionnel avec le système de la dot par exemple. Ce sont les parents de la mariée qui financent l’intégralité du mariage, coutume dépassée en France. Aussi, au Texas, les gens sont très tournés vers leur famille et profitent de la moindre occasion pour fêter ou instaurer une tradition. Tous les temps forts sont organisés autour de ce noyau sacré. La notion de l’amitié est autre qu’en Europe. On se retrouve plus en famille qu’entre amis.

 

En parlant de fêtes familiales, comment as-tu célébré Thanksgiving?

C’est la quatrième fois que je fête Thanksgiving, une fête chrétienne et un jour férié aux USA. ça s’organise tous les ans chez ma belle-famille avec ma tante qui invite toute la famille et les amis proches, soit une trentaine ou quarantaine de personnes. Cette année, j’ai eu la chance de vivre cette fête avec ma mère, de passage aux Etats-Unis et invitée au grand repas. L’hôte répartit les tâches, chacun apporte l’une de ses spécialités, un plat traditionnel de Thanksgiving. Ma tante s’occupe de la dinde, le plat le plus important. Cette année nous avions droit à deux dindes de 5 kilogrammes : l’une fumée et l’autre frite. Quant à nous, les convives, nous sommes venus avec des accompagnements : il y a des plats gratinés comme le fameux macaroni cheese, le riz au brocoli et au cheddar, beaucoup de légumes comme les black eyed peas (haricots cornilles ndlr) ou les haricots verts. J’ai découvert cette année un plat complètement insolite : le gratin de patates douces au Chamallow ! Niveau boisson, il y a de l’alcool, on a bu de la sangria, de la bière, du vin. Dans certaines familles, plus conservatrices, on sert seulement du thé glacé, boisson emblématique du Sud de l’Amérique. Pour les desserts, le grand classique est la pumpkin pie, tarte à la citrouille, ou encore la tarte aux noix de pécan. D’une année à l’autre, on retrouve sensiblement les mêmes spécialités, je dirais que 80% des plats sont très traditionnels.

 

« Thanksgiving? Le blessing se fait encore beaucoup même si la fête est plus laïque que par le passé»

 

Au-delà, du festin, comment se déroule la journée ?

Dans beaucoup de familles, Thanksgiving est le soir, nous c’est en journée pour que tout le monde puisse venir. La fête, pour notre part, débute vers 13h lorsque tout le monde arrive. Il y a d’abord une sorte d’apéritif, des petites choses à grignoter. Tout le monde se rassemble ensuite pour dire le blessing, la prière avant d’entamer le repas. Il s’agit de célébrer l’instant, remercier Dieu pour cette fête et toute la nourriture. Le blessing se fait encore beaucoup dans les familles américaines même si la fête est plus laïque que par le passé. Nous passons dès lors à table avec l’immense buffet composé de tous les plats dont j’ai parlé. Une fois le repas terminé, on fait ce que l’on veut. On discute avec tout le monde, des jeux sont organisés en plein air. Chacun regagne sa maison le cœur léger et le ventre rempli ! Thanksgiving marque le début de la holiday season la période entre cette fête et le nouvel an. Dès Thanksgiving terminé, il y a le lendemain le black friday, la journée phare pour les commerçants avec les plus grosses soldes de l’année aux USA. C’est une journée de coupure pour préparer ses cadeaux de Noël à des tarifs intéressants. Il y a aussi une tradition dans ma belle-famille dès qu’on rentre du repas de Thanksgiving. On prépare des Gingerbread houses, maisons en pain d’épices décorées de friandises : ça veut dire qu’on est prêt à célébrer Noël.

 

Comment arrives-tu à te positionner entre les traditions de tes deux pays?

J’aime beaucoup la découverte de nouvelles traditions et le fait que je m’entende extrêmement bien avec ma belle-famille fait que je me sens vraiment chez moi ici, à Dallas. Je retrouve le sens de la famille, l’ambiance de maison que j’ai chez moi à Lille. Après on n’oublie jamais ses racines et en effet, pendant la période de Noël notamment, c’est vrai que mes proches et certaines coutumes me manquent beaucoup. On s’y fait dès lors que l’on se sent équilibré dans sa « nouvelle » vie. J’adore aussi faire découvrir des traditions françaises. À Noël, je propose ainsi du foie gras et prépare souvent une bûche de Noël, je fais des choses bien françaises qui apportent un peu de mon identité à ma belle-famille. 


Un autre inconnu de la semaine?

Un autre inconnu? Découvrez aussi...

Lisa, caviste.
Lisa, caviste.
Claire, hôtesse fashion week.
Claire, hôtesse fashion week.
Alexia & Kévin, expatriés au Canada.
Alexia & Kévin, expatriés au Canada.
Jérôme, artificier.
Jérôme, artificier.
Antoine, comédien.
Antoine, comédien.
Damien, journaliste auto.
Damien, journaliste auto.
Aude & Hugo, libraires.
Aude & Hugo, libraires.
Lise, CPE.
Lise, CPE.
Romain, caravane du Tour.
Romain, caravane du Tour.
Christian, cordonnier.
Christian, cordonnier.
Emilie, psychiatre.
Emilie, psychiatre.
Laurent, bistrotier.
Laurent, bistrotier.
Nathalie, arbitre de football
Nathalie, arbitre de football
Elyas, steward de train.
Elyas, steward de train.
Marija, logeuse.
Marija, logeuse.


Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    anne marie isral (mercredi, 03 décembre 2014 20:08)

    Enfin une francaise qui se trouve bien en Amerique.MOi-meme jái trouve a San Francisco une liberte désprit et de civilite extremement agrables. Congratulations Pascaline , pour reveler les bons cotes de la vie Ameriaine.

  • #2

    Luc (jeudi, 04 décembre 2014 18:21)

    C'est bien connu, la France expatrie ses meilleurs productions. Et désormais, même ses jolies filles! Interview super intéressante d'une jeune fille qui l'est tout autant. Merci Le Parroquet et félicitations pour votre blog :-)