Lisa, caviste, Boulogne-Billancourt

C’est en allant acheter du vin pour se remplumer que le Parroquet est tombé sur Lisa, charmante caviste à la voix posée. L’occasion d’évoquer son métier mais aussi le nouvel arrivé, le Beaujolais...

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Lisa, j’ai 24 ans et je suis diplômée depuis cette année de l’école de commerce de Reims, spécialisation « Wine and champagne ». Je suis originaire du Nord de la France et je suis venue à Paris il y a un an et demi, d’abord pour un apprentissage dans un secteur qui n’avait rien à voir avec l’œnologie, l’optique. J’étais dans le marketing et la communication, un job de bureau, et après cette expérience je me suis dit que j’étais plus en quête d’un travail de terrain. C’était même sûr ! Par la suite, j’ai pu retrouver un domaine qui me plaisait et me voici désormais caviste au Repaire de Bacchus à Boulogne-Billancourt.

 

Pourquoi êtes-vous devenue caviste ?

Je suis passionnée de champagne depuis six ans. C’était l’une de mes boissons favorites même si je n’en buvais pas souvent. Le champagne est lié à des moments festifs, des moments en famille. J’ai voulu m’y intéresser. C’est aussi pour ça que j’ai fait mon école de commerce à Reims, au cœur de la Champagne. Après, si j’ai choisi la voie de caviste, c’est parce que j’ai voulu aller au-delà du champagne et acquérir une connaissance solide sur l’ensemble du secteur des vins et spiritueux. Une expérience terrain m’a semblé indispensable pour développer mon savoir œnologique tant sur les connaissances que sur la technique. Avec en filigrane la volonté, pourquoi pas, de travailler à l’international. Une française qui veut éventuellement partir à l’étranger dans le secteur œnologique, il faut qu’elle soit « au taquet » sur tous les vins, les cépages, les appellations !

 

«Le caviste doit être en mesure de se remettre en question car le savoir œnologique n’est pas absolu»

 

Un champagne à nous recommander ?

Un bon champagne dépend des personnes à vos côtés, de l’atmosphère, de votre envie sur le moment. J’affectionne différents styles. J’adore les champagnes gourmands comme ceux de Charles Heidsieck. À côté de ça, j’aime aussi énormément un champagne plus sec, comme le Blanc de Noirs de Philipponnat. On peut trouver de superbes champagnes tant dans de grandes maisons que de petits vignerons. Comme Louis Brochet qui fait un excellent champagne.

 

Qu’est-ce qu’un bon caviste ?

Un bon caviste doit savoir écouter son client afin de comprendre ses goûts. Très souvent, une personne arrive sans être capable d'exprimer ce qu’elle aime. Par des mots, des exemples, on va essayer de comprendre ce qu’elle ressent et apprécie quand elle boit un vin. Quand on a détecté ses goûts, on peut ensuite la conseiller précisément. Un bon caviste se doit d’être discret mais disponible à tout moment. Un caviste agréable, souriant et avenant est un vrai plus pour entretenir une relation durable et fidéliser sa clientèle. Enfin, le caviste doit être en mesure de se remettre en question car le savoir œnologique n’est pas absolu. L’avantage, avec les vins, c’est qu’on apprend tous les jours avec tout le monde.


Une région viticole de préférence?

En rouge, j’aime beaucoup les Bourgogne. Je trouve qu’il y a une complexité aromatique dans les Bourgogne vraiment exceptionnelle.

 

«Le Beaujolais, un argument marketing ? 

Oui, lorsque les vins proposés ressemblent davantage à un smoothie à la fraise qu’à un véritable vin!»


Est-ce difficile d’être une femme dans un milieu prétendument masculin ?

Pas du tout. On dit souvent que c’est un univers masculin mais aujourd’hui ce n’est plus vraiment d’actualité. De plus en plus de femmes travaillent et évoluent dans le monde des vins et spiritueux. On trouve beaucoup de femmes vigneronnes et cavistes. Au Repaire de Bacchus, c’est un fait avéré, de nombreuses femmes sont responsables de caves. Nous travaillons aussi avec des viticultrices. Nous proposons notamment un superbe Beaujolais, Miss Vicky, fait par une viticultrice.


Que pensez-vous de la cuvée 2014 du Beaujolais ? N’est-ce pas un rendez-vous marketing ?

Il s’agit d’une fête du vin. Un argument marketing ? Oui, lorsque les vins proposés ressemblent davantage à un smoothie à la fraise qu’à un véritable vin ! La cuvée 2014 du Beaujolais est de très bon augure. Le Repaire de Bacchus a par exemple sélectionné des cuvées qui permettent de mettre en avant le travail de petits viticulteurs et viticultrices. À la dégustation, des vins sont apparus tout de suite plus en « chair » que 2013. Donc une belle matière charnue et juteuse. Des tanins fins mais présents ce qui laisse augurer une belle tenue dans le temps. Il ne vous reste plus qu’à attendre demain pour déguster !


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Commentaires : 2
  • #1

    Hub (vendredi, 28 novembre 2014 22:06)

    Cette charmante jeune femme donne vraiment envie d'aller lui demander des conseils. Sur quoi s'est porté le choix du Parroquet ?

  • #2

    leparroquet (lundi, 01 décembre 2014 12:07)

    Tout comme Lisa, Le Parroquet adore tremper son bec dans les vins de Bourgogne, rouge (Fixin, Côte de Nuits, Santenay) et blanc (Meursault). De quoi laisser quelques plumes à la caisse en revanche!