PSG : l’après Beckham, c’est Bahebeck !

Auteur d’une entrée remarquée mercredi à Caen, buteur ce samedi à Toulouse, Jean-Christophe Bahebeck constitue une alternative crédible en attaque pour un PSG cadenassé par le fair-play financier. Du fait-maison qui dépareille dans un club qui ne rêve que de noms ronflants.

 

Il n’aurait jamais dû être là. Jamais dans la peau d’un revenant et encore moins dans celle d’un titulaire. Et pourtant, c’est bien lui qui fut l’un des meilleurs parisiens sur la pelouse du Stadium, ce samedi à Toulouse. Bahebeck, 21 ans, est presque l’anagramme de  Beckham. Et son antithèse : l’un fut le moteur de la stratégie commerciale du PSG, l’autre sort tout droit de son centre de formation. L’un a été présenté en grandes pompes sur les Champs-Elysées, l’autre débarque sur la pointe des moulés de Saint-Denis. Ce décalage est la conséquence du fair-play financier. Quand le PSG rêve cet été -et n’est pas loin de convaincre- Di Maria ou Hazard pour animer les ailes d’un 4-3-3 qui peine à décoller, il se heurte à un mur. Le fair-play financier et l’impossibilité de recruter sans avoir vendu préalablement. 

 

Alors le club de la capitale a longtemps tenté de dribler cette mesure qui musèle les dollars de QSI prêts à enflammer le marché des transferts. Un prêt avec option d’achat obligatoire à l’issue de la saison pour Di Maria a été évoqué. En vain. Et voilà comment le PSG, hormis les recrutements de David Luiz et Serge Aurier (prêté justement, astuce pour contourner le fair-play financier) est contraint de composer avec son effectif.

 

Troisième plus jeune buteur de l’histoire du PSG

 

C’est dans ce contexte que réapparaît JCB (Jean-Christophe Bahebeck). Les initiales d’un salon de coiffure pour un joueur arrivé au PSG à 14 ans, serial buteur dans les catégories jeunes et notamment champion de France des -19 ans. Lancé dans le grand bain professionnel en Coupe de France contre Le Mans en 2011, il marque, qualifie le PSG et devient le troisième plus jeune buteur de l’histoire du PSG (17 ans et 8 mois). Avec Kebano, son acolyte, le Parc croit détenir deux nouvelles pépites... Pour les polir au haut-niveau, le PSG les prête. Pour JCB, ce sera Troyes en 2012-2013 (33 matchs, 6 buts) et Valenciennes l’an passé (21 matchs, 2 buts). Deux expériences mi fugue-mi raison, celle d’un joueur qui a vite brillé sous les sunlights du PSG, et découvert les saisons galère avec des clubs relégués. À VA, sa fin de saison 2013-2014 est délicate : pas de temps de jeu, pas de confiance, JCB est dans le dur.

 

Prolongé jusqu’en 2019

 

De retour de prêt à Paris cet été dans un quasi anonymat, il lui reste alors un an de contrat au PSG. Post coupe du monde, le PSG effectue sa reprise estivale avec un effectif privé de ses mondialistes, quantitativement limité. Aligné pour faire le nombre en présaison, Bahebeck se distingue. Caviardise sa majesté Ibra, marque 6 buts. Auteur d’un bon match en trophée des champions, il entre 20 minutes à Reims lors de la première journée de L1. Puis disparait des écrans, hormis une brève entrée contre l’ASSE, après avoir prolongé son bail parisien jusqu’en 2019 : Lavezzi et Cavani sont de retour. Promis au banc et à quelques matchs de Coupe, les blessures d’Ibrahimovic et Lavezzi précipitent son retour. Sur l’aile à Caen dans un 4-3-3 conventionnel, dans l’axe dans le nouveau 4-4-2 à Toulouse dimanche, il se distingue. Une passe décisive et un but.

 

Son talent devra l'emporter sur des noms


Affuté, doté d'une faculté d'accélération sur les premiers mètres, JCB démontre également une habileté technique et un sens du placement très intéressants. Il semble mature dans son jeu, confiant en ses possibilités. Il ose, joue juste. Pour tout dire, le peu où il a joué, il montre plus qu’un Lavezzi en mode Ligue 1, bison généreux dans l’effort mais à la précision technique aléatoire. Seulement, JCB n’aura pas droit à l’erreur. Que Lavezzi et Lucas passent au-travers pendant 6 mois, c’est possible. Ils reviendront. Mais pour Bahebeck, pas de droit à l’erreur, pas de joker, pas de filets. Une seule alternative : les faire trembler. Car à 21 ans, même auréolé d’un titre de champion du monde des -20 ans, il faut un nom pour exister dans ce PSG. JCB devra ainsi montrer plus que les autres pour que son talent l’emporte. Et enfin s’imposer dans un club taillé pour briller. 


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Commentaires : 3
  • #3

    Julien (lundi, 06 octobre 2014 15:23)

    Bien vu Le Parroquet, Bahebeck encore décisif hier soir! Mais c'est Laurent Blanc qui ne l'est plus...

  • #2

    Lacrim' (jeudi, 02 octobre 2014 17:39)

    Bahebeck il arrive un peu à rayonner dans un super effectif. Mais ca restera tjrs une chèvre qui ne sera pas capable d'hisser le niveau d'une équipe moyenne.

  • #1

    Thomas (lundi, 29 septembre 2014 20:25)

    Article bien écrit et très juste. Merci JCB de nous avoir permis de prendre un malheureux point face à Toulouse car 1 c'est mieux que rien !